Décret BACS : la GTB, du pilotage technique à la valeur
Par Rémi Idé · 27 juillet 2026
Par Rémi Idé · 27 juillet 2026
Le décret BACS (Building Automation & Control Systems) impose l’installation d’une GTB — un système de gestion technique du bâtiment — pour piloter les équipements énergétiques des bâtiments tertiaires. Là où le décret tertiaire fixe des objectifs de réduction de consommation, le décret BACS impose le moyen technique de les atteindre. Deux textes, un même but : un actif plus sobre.
Issu du décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020, renforcé par le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 puis assoupli par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 (report d’échéance pour l’existant), il est codifié aux articles R. 175-1 et suivants du Code de la construction et de l’habitation. Il crée une obligation d’équipement échelonnée dont le non-respect pèse directement sur la valeur.
Références : CCH, art. R. 175-1 à R. 175-6 · Décret n° 2020-887 du 20 juillet 2020 · Décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 · Décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025.
Une GTB centralise le pilotage automatique des systèmes techniques du bâtiment : chauffage, climatisation, ventilation, éclairage, stores. Concrètement, elle permet de :
C’est le chaînon technique qui rend crédible la trajectoire de sobriété du décret tertiaire : sans mesure ni pilotage fins, les objectifs de réduction restent théoriques.
Réf. : CCH, art. R. 175-1.
L’obligation vise les bâtiments tertiaires équipés d’un système de chauffage ou de climatisation, combiné ou non à la ventilation, au-delà d’un seuil de puissance nominale utile :
Deux nuances déterminantes en pratique :
Réf. : CCH, art. R. 175-2 et R. 175-3 · Décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 · Décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025.
Le système articule quatre couches :
La classe de performance de la GTB se lit sur la norme ISO 52120-1 (classes A, B, C, D), la classe A étant la plus performante. Les gains attendus sont estimés entre 10 et 30 % d’économies d’énergie, au-delà du confort et de la réduction de l’empreinte carbone.
Réf. : norme ISO 52120-1 (systèmes d’automatisation et de gestion technique du bâtiment).
L’installation d’une GTB représente un investissement dont le montant dépend de la surface, de la puissance installée et de la classe de performance visée (A, B, C au sens de la norme ISO 52120-1). Cet investissement bénéficie d’un forfait CEE (certificats d’économies d’énergie) qui en réduit le reste à charge, et se rentabilise par les économies d’énergie générées sur la durée.
Les paramètres qui structurent le budget d’un projet BACS sont donc, dans l’ordre :
Le montant précis d’un projet — coût brut, forfait CEE et reste à charge — se chiffre au cas par cas : les barèmes CEE évoluent fréquemment et doivent être appréciés à la date du projet.
Réf. : dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) · norme ISO 52120-1.
À retenir : le décret BACS transforme une obligation technique en paramètre de valeur pour les bureaux, dans le prolongement du décret tertiaire.
- Capex à provisionner. Pour un actif non équipé au-delà du seuil, l’expert intègre le coût de mise en conformité (net de la prime CEE) à la trajectoire de travaux, jalonnée par les échéances 2025 / 2027.
- Décote de l’actif non conforme. Au-delà du capex, le risque de sanction et la moindre attractivité locative pèsent sur le taux de rendement exigé et sur la liquidité — un « brown discount » qui s’ajoute à celui du décret tertiaire.
- Prime au bâtiment piloté. Une GTB opérationnelle sécurise la trajectoire de sobriété, réduit les charges d’exploitation et documente la performance, autant d’éléments favorables à la valeur et au revenu.
- SCPI et parcs de bureaux. Le cumul décret tertiaire + décret BACS pèse particulièrement sur les portefeuilles de bureaux, dont les échéances rapprochées appellent une lecture actif par actif.
Concrètement, l’expert vérifie la puissance installée (position vis-à-vis des seuils 70 / 290 kW), le statut d’équipement (GTB présente, classe ISO), et intègre au bilan ou au DCF le reste à charge de mise en conformité.